Les animaux au Panama

Une réalité parfois difficile… mais aussi des personnes extraordinaires qui agissent
Quand on pense au Panama, on imagine souvent :
• des plages tropicales,
• une jungle luxuriante,
• des paresseux,
• des singes,
• des iguanes,
• et une nature encore très présente.
Et c’est vrai.
La biodiversité du Panama est absolument incroyable.
Mais lorsqu’on vit ici plus longtemps, on découvre aussi une autre réalité, plus difficile :
celle des animaux abandonnés ou maltraités.
Chiens errants, chats abandonnés, chevaux attachés trop court, animaux non stérilisés…
Pour beaucoup d’Européens sensibles à la cause animale, cela peut être un véritable choc émotionnel.
Et soyons honnêtes : oui, la situation animale au Panama reste encore compliquée.
Mais là aussi, comme souvent au Panama, la réalité est plus nuancée qu’elle n’en a l’air.
Parce qu’en parallèle, il existe aussi des personnes absolument extraordinaires qui consacrent une partie immense de leur vie à aider les animaux.
Et sans elles, la situation serait probablement bien pire.
🐕 Pourquoi y a-t-il autant d’animaux errants au Panama ?
Le problème vient de plusieurs facteurs combinés. Pendant longtemps :
• la stérilisation n’était pas une habitude,
• les campagnes de sensibilisation étaient limitées,
• et beaucoup de familles n’avaient pas forcément les moyens d’assumer les soins vétérinaires.
Résultat :
la surpopulation animale est devenue un véritable défi dans certaines régions.
Et lorsque les portées se multiplient rapidement, les abandons augmentent eux aussi.
Dans les zones rurales notamment, il n’est pas rare de voir :
• des chiens errants,
• des colonies de chats,
• ou des animaux vivant dans des conditions difficiles.

🌱 Pourtant… les choses commencent doucement à évoluer
Mais réduire le Panama uniquement à cela serait injuste.
Car depuis plusieurs années, de nombreuses associations, fondations et bénévoles essaient de faire évoluer les mentalités.
Petit à petit, la sensibilisation progresse :
• davantage de campagnes de stérilisation,
• plus d’adoptions,
• plus de discussions autour du bien-être animal,
• et davantage de mobilisation citoyenne.
Le changement reste lent. Mais il existe.
🏥 La stérilisation : l’un des plus grands leviers
Au Panama, beaucoup d’associations considèrent aujourd’hui que la stérilisation est la clé principale pour améliorer durablement la situation animale.
Et parmi les organisations les plus connues du pays, on retrouve notamment Spay Panama.
Cette fondation organise depuis des années :
• des campagnes massives de stérilisation,
• des interventions à bas coût,
• des journées communautaires,
• et des actions dans différentes régions du pays.
Leur objectif est simple : réduire la surpopulation animale afin de limiter :
• l’abandon,
• la maltraitance,
• les maladies,
• et la souffrance animale à long terme.
Certaines de ces journées permettent de stériliser des centaines d’animaux en un seul week-end.
Ces journées de stérilisation demandent d’ailleurs une organisation énorme.
Spay Panama fournit généralement :
• les vétérinaires,
• le matériel,
• et une partie des bénévoles.
Mais sur place, ce sont souvent les associations locales qui doivent :
• trouver le lieu,
• organiser le week-end,
• réunir les bénévoles,
• et surtout trouver les fonds nécessaires.
Et cela représente des sommes très importantes.
Selon les régions et le nombre d’animaux pris en charge, une seule journée peut nécessiter entre 5 000 et 6 000 USD de dons privés afin de permettre ensuite aux habitants de faire stériliser leurs animaux pour des montants dérisoires.
Spay Panama possède également un bureau à Betania, à Panama City, et propose aussi des stérilisations à bas prix sur rendez-vous tout au long de l’année.

🐾 Misión Patitas : une initiative qui prend de l’ampleur
Ces dernières années, un autre projet important a également vu le jour :
Misión Patitas.
Cette initiative, soutenue par le bureau de la Première Dame du Panama, organise :
• des campagnes de stérilisation,
• des journées d’adoption,
• des actions éducatives,
• et des programmes de sensibilisation à travers le pays.
Des milliers de stérilisations ont déjà été réalisées grâce à ces campagnes.
Et cela change énormément de choses sur le terrain.

💛 Des bénévoles qui donnent énormément
Mais au-delà des grandes structures, ce qui impressionne le plus au Panama, ce sont souvent les bénévoles.
Des personnes qui :
• recueillent des animaux,
• paient des soins vétérinaires,
• nourrissent des chiens et des chats abandonnés,
• organisent des adoptions,
• et financent parfois tout cela presque seules.
C’est notamment le cas de Nadège Bernard, une Française installée au Panama avec son mari Christophe.
Avec leur association locale Doggo Fundación Animal Rescue of Antón, ils s’occupent quotidiennement de chiens et chats :
• stérilisés,
• vaccinés,
• soignés,
• et en attente d’adoption.
Ils organisent également des opérations pour capturer des chats errants, les stériliser puis les relâcher, afin d’éviter des reproductions incontrôlées.
L’association aide également les personnes les plus démunies à :
• stériliser leurs animaux,
• les faire soigner,
• ou simplement les nourrir.
Et parfois, lorsqu’on leur signale des colonies de chats errants ou des abandons, ils organisent de véritables “opérations commando” pour attraper les animaux, les faire stériliser puis les relâcher ensuite.
Et comme beaucoup d’associations au Panama, leur travail repose essentiellement sur :
• des dons privés,
• des bénévoles,
• et énormément d’énergie humaine.

🌍 Une réalité plus complexe qu’on ne l’imagine
Ce qui est important à comprendre, c’est que la situation animale au Panama est aussi liée :
• aux réalités économiques,
• aux différences culturelles,
• au manque de moyens,
• et parfois simplement au manque d’éducation sur le sujet.
Mais contrairement à certaines idées reçues, beaucoup de Panaméens aiment profondément les animaux et essaient eux aussi de faire évoluer les choses.
On voit aujourd’hui :
• davantage d’adoptions,
• plus de campagnes de sensibilisation,
• plus de discussions autour de la stérilisation,
• et une implication croissante des jeunes générations.
Et légalement?
Il faut aussi savoir que le Panama possède aujourd’hui un cadre légal concernant la protection animale.
Le Code Administratif panaméen mentionne déjà, dans son article 1201, que la police doit interdire les mauvais traitements envers les animaux domestiques lorsqu’ils impliquent de la cruauté. Le texte précise même que ces actes :
« répugnent et mortifient les personnes sensibles et introduisent de mauvaises habitudes ».
Au fil des années, plusieurs réglementations et mesures sont venues renforcer progressivement cette protection animale, avec aujourd’hui des sanctions pouvant aller :
• d’amendes,
• à des poursuites pénales,
• voire à des peines de prison dans certains cas graves de maltraitance.
Ces dernières années, les autorités et les associations semblent également prendre le sujet davantage au sérieux, notamment grâce au travail de sensibilisation réalisé sur le terrain.
D’autres associations
Il existe aujourd’hui énormément d’associations au Panama qui essaient de faire bouger les choses.
Parmi les plus connues, on retrouve notamment :
• MOCA Panamá
• Huellitas Panamá
• Adopta un Gato PTY
• Kitten Garden Panamá
• Andy’s Dog Rescue
• Huellitas Penonomé
Toutes œuvrent, chacune à leur manière, pour :
• lutter contre la maltraitance,
• favoriser l’adoption,
• sensibiliser à la stérilisation,
• et améliorer progressivement la condition animale dans le pays.

Les croyances erronées
Il faut également comprendre que certaines croyances culturelles ou religieuses très conservatrices compliquent encore parfois le travail de sensibilisation autour de la stérilisation.
Certaines personnes pensent encore :
• qu’une femelle devrait avoir au moins une portée avant d’être stérilisée,
• ou qu’un mâle ne devrait pas être castré car cela irait contre sa “virilité” ou contre la volonté divine.
Pour certaines personnes très croyantes ou fanatiques, le fait qu’un animal puisse avoir des petits fait partie de “l’ordre naturel voulu par Dieu”, et intervenir sur cela serait donc perçu comme quelque chose de mauvais.
Heureusement, ces mentalités semblent évoluer progressivement.
Les jeunes générations paraissent aujourd’hui beaucoup plus ouvertes :
• à la stérilisation,
• à l’adoption,
• et au bien-être animal de manière générale.
Et petit à petit… les choses changent aussi de ce côté-là.
🐶 Adopter plutôt qu’acheter
L’un des messages qui revient souvent chez les associations est simple :
=> adopter plutôt qu’acheter.
Car derrière chaque adoption, il y a souvent :
• un animal sauvé,
• une place libérée dans un refuge,
• et une nouvelle chance de vie.
Et lorsqu’on voit le travail accompli par certains bénévoles au Panama, on comprend vite que chaque adoption compte réellement.
🐾 Et nous dans tout cela ? L’histoire des trois chats de Casa Fofo
Nous sommes des amoureux des animaux et surtout des chats. Nous voulions en avoir, notamment car nous en avons toujours eu, mais également car ce sont de redoutables prédateurs (et comme il y a ici quelques bébêtes, cela nous permet d’avoir nos chasseurs à domicile).
Petit à petit, au fil des rencontres, des discussions et des histoires entendues autour de nous, nous avons commencé à découvrir l’immense travail réalisé par certaines associations et certains bénévoles.
Et c’est justement par le biais de Nadège Bernard, dont je vous parlais un peu plus haut, que nos chemins ont croisé ceux de trois petits chats qui allaient complètement changer notre quotidien.

🧡 Craquotte, la petite tricoline de la saison des pluies
Craquotte est une petite tricoline dont la maman était une chatte errante… aujourd’hui heureusement stérilisée.
Enceinte, cette maman chatte s’était réfugiée chez les personnes qui habitaient la maison voisine de sa cachette afin d’être au sec pendant la saison des pluies.
C’est là qu’elle a mis bas.
Comme Nadège savait que nous rêvions d’une petite tricoline, elle nous a contactés.
Nous sommes allés voir cette minuscule boule de poils… et nous avons immédiatement craqué.
Nous l’avons ensuite adoptée une fois sevrée et stérilisée.

🖤 Muffin, le petit chat noir sauvé d’une poubelle
Puis il y a eu Muffin.
Un tout petit chat noir aux yeux verts.
À peine né, il avait été jeté dans une poubelle. Malheureusement, dans certaines croyances religieuses fanatiques, les chats noirs sont encore parfois considérés comme des démons (au sens propre du terme).
Une passante a entendu de petits bruits provenant de la poubelle, a découvert le bébé et l’a immédiatement amené chez Nadège afin qu’elle puisse le soigner.
Comme nous voulions également adopter un petit chat noir, Nadège nous en a parlé… et Muffin a rejoint l’aventure en même temps que Craquotte.

🤎 Huggy, le grand sensible
Puis est arrivé Huggy.
Enfin… “Huggy”, c’est le nom que lui a donné Cloé plus tard, car il est extrêmement câlin. À la base, il portait un autre nom.
Au départ, Huggy avait été recueilli avec son frère, un chat noir et blanc. Les deux avaient été adoptés ensemble par une famille.
Mais lorsque la dame est tombée enceinte, on lui a raconté que les chats étaient dangereux pour le fœtus. Sans doute mal informée sur le sujet, elle a finalement ramené les deux chats au refuge.
Ils ont ensuite été adoptés par une autre famille.
Malheureusement, quelques jours plus tard, la nouvelle maîtresse a découvert qu’elle était allergique aux chats… et les a laissés aller dehors.
Évidemment, ils se sont enfuis.
Le frère n’a malheureusement jamais été retrouvé.
Huggy, lui, a pu être récupéré puis ramené au refuge. Nadège racontait qu’il miaulait constamment à la recherche de son frère.
Cette histoire a profondément touché ma fille Cloé.
Je me souviens encore de sa phrase :
« Il a assez souffert. Il lui faut maintenant une famille qui l’aime. »
Et c’est ainsi que nous avons finalement adopté un troisième chat… alors qu’à la base, nous n’en voulions que deux.

🌴 Les chats de Casa Fofo
Avant leur adoption définitive, les trois chats ont été gardés ensemble quelque temps chez Nadège afin qu’ils puissent s’habituer les uns aux autres.
Puis ils sont arrivés chez nous, à Casa Fofo.
Aujourd’hui, ils font totalement partie de notre vie ici.
Ils s’épanouissent chaque jour un peu plus :
• câlins,
• joueurs,
• drôles,
• chasseurs,
• et chacun avec son caractère bien distinct.
Mais ils ont tous un point commun :
ils sont profondément adorables.
Et honnêtement, nous ne regrettons absolument pas de les avoir adoptés. 🐾
🌊 Conclusion
Oui, la situation animale au Panama peut parfois être difficile à voir.
Oui, il reste énormément de travail.
Mais il serait faux de penser que personne n’agit.
Derrière les réalités parfois dures, il existe aussi :
• des associations,
• des vétérinaires,
• des bénévoles,
• et des amoureux des animaux
qui consacrent une énergie incroyable à améliorer les choses.
Le Panama n’est pas parfait.
Mais là aussi, petit à petit… les mentalités semblent doucement évoluer. 🐾
